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Un Fin Stratège.

Un Fin Stratège.
15 août 2017 Awa FALL
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un fin stratège

Pour tout dirigeant, le sentiment de n’avoir aucun pouvoir sur les gens et les événements leur est difficilement supportable. Personne ne réclame moins de pouvoir, tout le monde en veut davantage. Cependant, dans la société d’aujourd’hui, il est dangereux de paraître avide de pouvoir, d’afficher ses ambitions. Il faut montrer dès dehors impeccablement décents et honnêtes. Mieux vaut donc faire preuve d’un certain sens des nuances. Il faut se montrer sympathique et liant mais n’en être pas moins habile, voire retors.

La société d’autrefois…

Cette constante duplicité rappelle tout à fait la dynamique du pouvoir jadis en vigueur à la cour. Tout au long de l’histoire, une cour s’est en effet toujours formée autour de personnage investi du pouvoir: roi, reine, empereur, dictateur… Les courtisans étaient dans une position particulièrement délicate.  Il leur fallait bien sûr servir leur maître, mais s’ils paraissent trop serviles. S’ils cherchaient trop ouvertement à gagner ses faveurs, les autres courtisans ne manquaient pas de le remarquer et de leur mettre des bâtons dans les roues. Par conséquent, les tentatives pour entrer dans les bonnes grâces du souverain devaient être subtiles. Et même les courtisans, talentueux capables d’une telle ingéniosité devraient se protéger de leurs pairs à tout moment pour les évincer.

La cour était censée être le comble de la civilisation et du raffinement. On dés-approuvait les actions violentes ou la recherche trop ouverte du pouvoir. Les courtisans ourdissaient secrètement contre ceux des leurs qui utilisaient la force. C’était leur dilemme: tout en étant un parangon d’élégance, chacun devait se montrer plus malin que ses rivaux et contrecarrer leurs projets de la manière la plus voilée. Avec le temps, le courtisan habile apprenait à agir de manière indirecte;. S’il frappait son adversaire dans le dos, c’était avec un gant de velours et un charmant sourire. Au lieu d’utiliser la coercition ou la trahison pure et simple, le parfait courtisan traçait son chemin grâce à la séduction et le charme. Il appliquait une tactique consommée de manipulation, planifiant toujours plusieurs coups à l’avance. La vie à la cour était un jeu sans fin qui nécessitait une vigilance constante et de la stratégie.

La société actuelle.

De nos jours, on se heurte au même étrange paradoxe: tout doit paraître civilisé, décent, démocratique et juste. Mais si on applique ces règles à la lettre, on se fait écraser par plus malin que soi. Pour citer le grand diplomate et courtisan de la Renaissance Nicolas Machiavel: Celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne peut manquer de périr au milieu de tant de méchants. La cour se voulait le summum du raffinement. Mais, sous ce vernis bouillonnait un infernal chaudron de pulsions brutales: cupidité, envie, luxure, jalousie, haine.

Le monde d’aujourd’hui se croit au faîte de la justice et pourtant les mêmes vices immondes sont tapis en chacun de nous, comme autrefois. Le jeu n’a pas changé. Extérieurement, on est censé mettre les formes, mais à part cela, à moins d’être stupide, il faut apprendre à suivre le conseil de Napoléon. D’après Napoléon, il faut: avoir une main de fer dans un gant de velours. Si, comme les courtisans de jadis, vous pratiquez l’art du louvoiement en apprenant à séduire, charmer, manipuler subtilement vos adversaires, vous atteindrez les sommets du pouvoir. Vous serez capable de plier des gens à votre volonté sans qu’ils s’en aperçoivent. Ainsi, ils céderont et ne vous en voudront même pas.

La tactique des défauts et de l’impuissance.

À entendre certains, le fait de jouer délibérément au jeu du pouvoir – même indirectement – est malfaisant et asocial. C’est une relique du passé. Ceux-là prétendent ne pas se compromettre à ce jeu; comme si le pouvoir ne les concernait en rien. Méfiez-vous d’eux; car, tandis qu’ils professent ouvertement cette opinion, ce sont souvent eux les plus féroces. Ils utilisent des stratégies qui masquent intelligemment leurs manœuvres. Ils font étalages de leur faiblesse et de leur impuissance, comme s’ils s’agissait là de vertus. Mais la véritable impuissance, celle qui est dénuée d’arrière-pensée intéressée, ne se vante pas de sa fragilité pour gagner la sympathie ou le respect. Le fait d’exhiber sa faiblesse n’est autre qu’une stratégie particulièrement retorse, efficace et subtile.

La tactique de de l’égalité en tout.

Une autre tactique hypocrite est d’exiger l’égalité de tous en tout: chacun indépendamment de son statut et de sa force, devrait, paraît-il être logé à la même enseigne. Or, si pour éviter la souillure du pouvoir on tente d’appliquer ce principe, on se heurte à un problème: certains font mieux certaines choses que d’autres. Traiter tout le monde de manière identique équivaudrait donc à ignorer les différences. Aussi, cela équivaudrait à promouvoir les moins doués et à examiner ceux qui sortent du lot. Là encore, beaucoup de ceux qui se conduisent ainsi appliquent en réalité une autre stratégie de pouvoir: récompenser les gens selon les critères que l’on a soi-même définis.

La tactique de l’honnêteté.

Un autre moyen encore de ne pas s’impliquer dans le jeu est de paraître parfaitement intègre et transparent. En effet, ceux qui recherchent le pouvoir se complaisent dans la manipulation et le secret. Mais l’honnêteté absolue blesse inévitablement beaucoup de monde, et attire maintes vengeances. Personne ne jugera votre attitude complètement innocente. Et, à juste titre: en vérité, c’est bel et bien une stratégie de pouvoir que de se fabriquer une image noble, généreuse et désintéressée. C’est une forme de persuasion, voire de coercition subtile.

La technique des enfants.

Enfin, ceux qui se disent étrangers aux jeux de pouvoir affectent parfois la candeur. Là encore, soyez vigilant!. Car, une apparente ingénuité peut n’être qu’une manipulation parmi d’autres. Même la naïveté authentique n’est pas nécessairement innocente. Les enfants peuvent être naïfs de bien des manières. Mais ils cherchent souvent, d’instinct, à prendre le contrôle de leur entourage. Les enfants souffrent de leurs sentiments d’impuissance face aux adultes. Ils utilisent les moyens à leur portée pour se faire une place. Les vrais innocents ont comme tout le monde un besoin de pouvoir. Et, ilss ont souvent d’une efficacité d’autant plus redoutable à ce que leur stratégie n’est pas calculée. Une fois encore, ceux qui font étalage d’innocents sont parfois les moins innocents de tous. Ce livre fera de vous un vrai stratège.

Disponible sur: https://www.senoupublishing.com/produit/un-fin-stratege/

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